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Folquin LAINE
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Jeudi matin, d'un geste décidé,
Folquin Lainé balaye la neige qui s'amoncelle devant le perron de sa
maison qui est mitoyenne de l'ancienne mairie, là où il a passé tant de
temps. Derrière le mur de son couloir, se trouve la pièce où il a
enregistré son premier succès électoral. « C'était en 1953. On
m'avait demandé si je voulais siéger au conseil municipal. Je n'y avais
pas vraiment pensé mais j'ai dit oui. Il me fallait 228 voix pour passer
au premier tour, j'en ai eu 230. » Depuis, Folquin Lainé a été réélu
sans discontinuer jusqu'à maintenant, puisqu'en mars 2008, il a été élu
deuxième adjoint du maire, Germain Dollé, qui est son neveu. |
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« J'ai d'abord été conseiller,
dans l'opposition. Ensuite on a déboulonné le maire et j'ai été
premier adjoint pendant quatre mandats. J'aurais pu être maire, mais
comme je ne faisais pas partie du bourg centre et que ma ferme était au
hameau de Maisoncelle, ça posait problème. » Maire, il le sera, de
1983 à 2001 avant de céder la place à Germain Dollé. Mais il est
toujours deuxième adjoint. « Si je termine ce mandat, cela me fera
soixante-deux ans au service de la commune... après j'arrête »,
sourit-il. |
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Avant d'être un élu, Folquin Lainé a
été un simple citoyen, un enfant du pays, né à Herly de parents
agriculteurs, dans une fratrie de onze enfants « qui ont tous repris
une ferme. » Lui a repris la ferme de son père, en 1947.
Auparavant, il y a eu la guerre, la grande, celle de 40. Il s'est retrouvé
enfermé dans la poche de Dunkerque, embarqué en Angleterre puis redébarqué
à Cherbourg quelque temps plus tard pour une ultime résistance à
l'ennemi. « On n'a pas eu le temps de se battre, j'ai été fait
prisonnier. » Direction l'Autriche, les camps de captivité et
retour au pays en 1943. Il se marie en 1947 et a six enfants. |
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Les mandats électoraux ? « La vie
du village m'a toujours intéressé. Je suis un homme de gauche, je le
revendique, mais j'ai toujours été l'élu de tout le monde. Des gens de
droite votaient pour moi. » La couleur politique s'affiche dans les
années 70, lorsqu'il brigue le mandat de conseiller général. « Le
canton a toujours été à droite. Il fallait quelqu'un en face de
monsieur de Hautecloque. Le jour de l'élection, il ne m'a manqué que 17
voix. » Folquin Lainé n'en fait pas un fromage, il retourne bien
vite à la vie municipale... Il y est toujours mais cela a bien changé
depuis les élections de 1953. « Maintenant, les gens sont plus
exigeants. Avant, il y avait plus de dialogue, de fraternité et de
solidarité. Mais si je suis resté aussi longtemps à la mairie, c'est
parce que j'y trouve toujours du plaisir. » Du plaisir, il en trouve
aussi à siéger à la communauté de communes du canton de Fruges où il
est délégué. |
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À
91 ans, il voit maintenant les choses avec plus de détachement. « J'écoute
plus que je ne parle, désormais. » Moins de réunions et un peu
plus de temps pour s'occuper de sa femme, malade, et pour le club des aînés,
le mercredi, où il joue à la belote avec ses copains. « Je n'ai
jamais pêché, jamais chassé, mais les cartes, j'ai toujours aimé. »
Le 17 janvier prochain, on épinglera la médaille d'honneur régionale départementale
et communale sur la veste de Folquin Lainé. Marianne lui doit bien cela. (Voix
du Nord, 20 décembre 2009) |
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