Commune de Créquy

La mairie
Conseil Municipal
Délibérations
Bibliothèque 
Informations
Ecole
Calendrier 2006
Associations
Entreprises
Histoire
Archives
Données sur Créquy

 

 

Folquin LAINE

Jeudi matin, d'un geste décidé, Folquin Lainé balaye la neige qui s'amoncelle devant le perron de sa maison qui est mitoyenne de l'ancienne mairie, là où il a passé tant de temps. Derrière le mur de son couloir, se trouve la pièce où il a enregistré son premier succès électoral. « C'était en 1953. On m'avait demandé si je voulais siéger au conseil municipal. Je n'y avais pas vraiment pensé mais j'ai dit oui. Il me fallait 228 voix pour passer au premier tour, j'en ai eu 230. » Depuis, Folquin Lainé a été réélu sans discontinuer jusqu'à maintenant, puisqu'en mars 2008, il a été élu deuxième adjoint du maire, Germain Dollé, qui est son neveu.

« J'ai d'abord été conseiller, dans l'opposition. Ensuite on a déboulonné le maire et j'ai été premier adjoint pendant quatre mandats. J'aurais pu être maire, mais comme je ne faisais pas partie du bourg centre et que ma ferme était au hameau de Maisoncelle, ça posait problème. » Maire, il le sera, de 1983 à 2001 avant de céder la place à Germain Dollé. Mais il est toujours deuxième adjoint. « Si je termine ce mandat, cela me fera soixante-deux ans au service de la commune... après j'arrête », sourit-il.

Avant d'être un élu, Folquin Lainé a été un simple citoyen, un enfant du pays, né à Herly de parents agriculteurs, dans une fratrie de onze enfants « qui ont tous repris une ferme. » Lui a repris la ferme de son père, en 1947. Auparavant, il y a eu la guerre, la grande, celle de 40. Il s'est retrouvé enfermé dans la poche de Dunkerque, embarqué en Angleterre puis redébarqué à Cherbourg quelque temps plus tard pour une ultime résistance à l'ennemi. « On n'a pas eu le temps de se battre, j'ai été fait prisonnier. » Direction l'Autriche, les camps de captivité et retour au pays en 1943. Il se marie en 1947 et a six enfants.

Les mandats électoraux ? « La vie du village m'a toujours intéressé. Je suis un homme de gauche, je le revendique, mais j'ai toujours été l'élu de tout le monde. Des gens de droite votaient pour moi. » La couleur politique s'affiche dans les années 70, lorsqu'il brigue le mandat de conseiller général. « Le canton a toujours été à droite. Il fallait quelqu'un en face de monsieur de Hautecloque. Le jour de l'élection, il ne m'a manqué que 17 voix. » Folquin Lainé n'en fait pas un fromage, il retourne bien vite à la vie municipale... Il y est toujours mais cela a bien changé depuis les élections de 1953. « Maintenant, les gens sont plus exigeants. Avant, il y avait plus de dialogue, de fraternité et de solidarité. Mais si je suis resté aussi longtemps à la mairie, c'est parce que j'y trouve toujours du plaisir. » Du plaisir, il en trouve aussi à siéger à la communauté de communes du canton de Fruges où il est délégué.

À 91 ans, il voit maintenant les choses avec plus de détachement. « J'écoute plus que je ne parle, désormais. » Moins de réunions et un peu plus de temps pour s'occuper de sa femme, malade, et pour le club des aînés, le mercredi, où il joue à la belote avec ses copains. « Je n'ai jamais pêché, jamais chassé, mais les cartes, j'ai toujours aimé. » Le 17 janvier prochain, on épinglera la médaille d'honneur régionale départementale et communale sur la veste de Folquin Lainé. Marianne lui doit bien cela. (Voix du Nord, 20 décembre 2009)